Du bon usage de la piraterie. Une confrontation entre libre et privatisation des savoirs
Date du jour
06.06.2020
Catégorie du document
- livres
Discipline
- Sociologie / Philosophie
Nom du ou des auteurs
Florent Latrive
A retenir
"C’est un mouvement sorti de nulle part, mais qui est désormais présent partout dans le monde. C’est un mouvement qui vise à modifier dans l’esprit d’un public oublieux une idée familière et confortable. Cette idée veut que la propriété doit être protégée, que la culture et la connaissance peuvent être appropriées, et qu’en conséquence la culture et la connaissance doivent être protégées de la même façon que nous protégeons n’importe quelle propriété. " Page 9
"Avec l’émergence des technologies numériques, il est désormais indispensable de la combattre. Car si ces technologies permettent un extraordinaire bouillonnement créatif et facilitent la circulation des savoirs, elles peuvent aussi être utilisées pour restreindre et contrôler la culture et la connaissance d’une façon qu’aucune société libre n’a jamais tolérée jusquelà." Page 9
"N’en déplaise à François d’Aubert, il existe des domaines où la connaissance et les œuvres ne sont pas protégées par des brevets, des droits d’auteur, ou d’autres titres ; des espaces où la copie est légale, encouragée. Et, ces secteurs contribuent de façon décisive à l’innovation et à la production des connaissances. La recherche scientifique en est l’exemple le plus flagrant ; l’immense majorité des chercheurs publie le fruit de leurs travaux, et c’est par la mise à disposition, la circulation, la libre appropriation que la science ouverte évolue. L’Internet et l’informatique, en facilitant la coopération et la diffusion, ont étendu cette logique : les logiciels libres font obstacle aux stratégies monopolistiques et le web abonde de sites bâtis par des bénévoles, amateurs ou professionnels. Et là, on ne saurait parler de piraterie, puisque la copie et le libre accès sont les principes premiers de ces espaces créatifs. " Page 37
"Dans le domaine académique, les leviers sont d’une autre nature. Ce n’est pas la rétention et l’appropriation de ses travaux qui assurent la carrière d’un chercheur. S’il n’est pas propriétaire des résultats obtenus, ils lui sont en revanche attribués : sa signature est le lien entre sa personne et les connaissances ainsi versées au pot commun des savoirs collectifs. " Page 38
"« J’estime que la Règle d’or est que, si j’aime un programme, je dois le partager avec d’autres qui aiment ce programme. Les éditeurs de logiciels cherchent à diviser et à conquérir les utilisateurs, en interdisant à chacun de partager avec les autres. Je refuse de rompre la solidarité avec les autres utilisateurs de cette manière », écrit Stallman dans un manifeste fondateur" Page 41
"Reste la question centrale : qu’estce qui pousse des milliers de gens dans le monde à contribuer au développement de logiciels mis à disposition ? Selon le professeur de droit Eben Moglen, l’un des proches de Stallman, « c’est juste un comportement humain. Semblable à la raison pour laquelle nous inventons tous de nouveaux mots : parce que nous en sommes capables. L’Homo ludens rencontre l’Homo faber. La condition sociale de l’interconnexion globale que nous appelons l’Internet rend possible la créativité pour chacun d’entre nous dans des voies nouvelles, et que nous n’envisagions même pas en rêve. À moins que nous n’autorisions la “propriété” à interférer » 23. Moglen souligne ici la part naturelle de la créativité." Page 42
"Avec l’émergence des technologies numériques, il est désormais indispensable de la combattre. Car si ces technologies permettent un extraordinaire bouillonnement créatif et facilitent la circulation des savoirs, elles peuvent aussi être utilisées pour restreindre et contrôler la culture et la connaissance d’une façon qu’aucune société libre n’a jamais tolérée jusquelà." Page 9
"N’en déplaise à François d’Aubert, il existe des domaines où la connaissance et les œuvres ne sont pas protégées par des brevets, des droits d’auteur, ou d’autres titres ; des espaces où la copie est légale, encouragée. Et, ces secteurs contribuent de façon décisive à l’innovation et à la production des connaissances. La recherche scientifique en est l’exemple le plus flagrant ; l’immense majorité des chercheurs publie le fruit de leurs travaux, et c’est par la mise à disposition, la circulation, la libre appropriation que la science ouverte évolue. L’Internet et l’informatique, en facilitant la coopération et la diffusion, ont étendu cette logique : les logiciels libres font obstacle aux stratégies monopolistiques et le web abonde de sites bâtis par des bénévoles, amateurs ou professionnels. Et là, on ne saurait parler de piraterie, puisque la copie et le libre accès sont les principes premiers de ces espaces créatifs. " Page 37
"Dans le domaine académique, les leviers sont d’une autre nature. Ce n’est pas la rétention et l’appropriation de ses travaux qui assurent la carrière d’un chercheur. S’il n’est pas propriétaire des résultats obtenus, ils lui sont en revanche attribués : sa signature est le lien entre sa personne et les connaissances ainsi versées au pot commun des savoirs collectifs. " Page 38
"« J’estime que la Règle d’or est que, si j’aime un programme, je dois le partager avec d’autres qui aiment ce programme. Les éditeurs de logiciels cherchent à diviser et à conquérir les utilisateurs, en interdisant à chacun de partager avec les autres. Je refuse de rompre la solidarité avec les autres utilisateurs de cette manière », écrit Stallman dans un manifeste fondateur" Page 41
"Reste la question centrale : qu’estce qui pousse des milliers de gens dans le monde à contribuer au développement de logiciels mis à disposition ? Selon le professeur de droit Eben Moglen, l’un des proches de Stallman, « c’est juste un comportement humain. Semblable à la raison pour laquelle nous inventons tous de nouveaux mots : parce que nous en sommes capables. L’Homo ludens rencontre l’Homo faber. La condition sociale de l’interconnexion globale que nous appelons l’Internet rend possible la créativité pour chacun d’entre nous dans des voies nouvelles, et que nous n’envisagions même pas en rêve. À moins que nous n’autorisions la “propriété” à interférer » 23. Moglen souligne ici la part naturelle de la créativité." Page 42
Lien vers l'article
http://index-of.es/Magazines/Du%20bon%20usage%20de%20la%20Piraterie.pdf
Petit précis de compostabilité des projets
Date du jour
14.11.2023
Catégorie du document
- Sites internet
Discipline
- Autres
Résumé / Abstract
"La compostabilité : pour un écosystème de projets vivaces
Emballages, meubles, téléphones, ordinateurs, gadgets... chaque objet qui nous entoure est consommateur de ressources naturelles. Le temps où nos créations donnaient lieu à des déchets capables de se décomposer est maintenant loin derrière nous. Problème : lorsque l'on produit des objets trop complexes pour se recomposer d'eux-mêmes, nous accumulons une dette technique qu'il nous faudra un jour assumer.
Pour limiter l'impact et le nombre de ces déchets, de nombreuses solutions se développent et une multitude d'expérimentations sont en cours : mouvement zéro déchet, bacs à compost, repair cafés, ressourceries, etc.
Qu'en est-il lorsque l'on aborde une autre des productions humaines, omniprésente à l'ère du numérique : celle des connaissances ? La seconde vie des idées, de l'immatériel, de nos projets reste un impensé alors même qu'ils sont le fruit de notre énergie vitale, ressource irremplaçable s'il en est.
Mais alors, à quoi ressemblerait une ressourcerie des idées ? Ce texte propose une réponse exploratoire à travers la notion de « compostabilité » développée par Laurent Marseault."
Emballages, meubles, téléphones, ordinateurs, gadgets... chaque objet qui nous entoure est consommateur de ressources naturelles. Le temps où nos créations donnaient lieu à des déchets capables de se décomposer est maintenant loin derrière nous. Problème : lorsque l'on produit des objets trop complexes pour se recomposer d'eux-mêmes, nous accumulons une dette technique qu'il nous faudra un jour assumer.
Pour limiter l'impact et le nombre de ces déchets, de nombreuses solutions se développent et une multitude d'expérimentations sont en cours : mouvement zéro déchet, bacs à compost, repair cafés, ressourceries, etc.
Qu'en est-il lorsque l'on aborde une autre des productions humaines, omniprésente à l'ère du numérique : celle des connaissances ? La seconde vie des idées, de l'immatériel, de nos projets reste un impensé alors même qu'ils sont le fruit de notre énergie vitale, ressource irremplaçable s'il en est.
Mais alors, à quoi ressemblerait une ressourcerie des idées ? Ce texte propose une réponse exploratoire à travers la notion de « compostabilité » développée par Laurent Marseault."
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https://ressources.osons.cc/?PetitPrecisDeCompostabiliteDesprojets